actualite 16/06/2021

Le PGE et l’accompagnement des banques pendant la crise sanitaire

En 2020, 630 000 entreprises françaises ont bénéficié de 130 milliards d’euros de prêts garantis par l’Etat, couramment désignés PGE(1). L’objectif de Bercy ? Permettre aux entreprises dont l’activité risquait de se trouver fortement impactée par les effets de la crise de bénéficier très rapidement de liquidités dont le remboursement pourrait s’étaler sur 5 ans, au maximum. A l’heure où les premiers remboursements ont démarré, Philippe Hostingue, directeur adjoint de l’agence Paris Haussmann du Crédit du Nord en charge de la ligne Professionnels et Antoine Boverhof, directeur de l’agence de La Clusaz de la banque Laydernier en Haute Savoie en dressent le bilan. Explications en forme d’interview croisée.

Philippe, Antoine, vous avez tous les deux traversé cette crise sans précédent au service de vos clients. Qui sont-ils ?

PH : A Paris Haussmann, nous gérons un portefeuille de 900 clients professionnels et notre spectre de clientèle est assez large puisque nous accompagnons des professions libérales, des auto-entrepreneurs, des PME.

AB : C’est assez différent chez nous. La Clusaz est une station de montagne, donc nous gérons majoritairement des clients qui sont commerçants, artisans, restaurateurs et hôteliers bien évidemment. Il s’agit d’un territoire assez spécifique avec un esprit village très marqué. Nous avons 180 clients professionnels actifs. 

L’année 2020 a été d’une complexité inédite. Comment avez-vous fait face aux attentes des clients ?

AB : En début d’année 2020, nous avons d’abord ressenti ce sentiment de sidération et d’inquiétude qui nous a vraiment tous cueillis. La saison s’annonçait extraordinaire. Ensoleillement, enneigement, touristes au rendez-vous : tous les indicateurs étaient au vert. Et puis, du jour au lendemain, terminé. Il faut savoir que nos clients fonctionnent avec de gros trous de trésorerie, notamment en hiver et ça n’est qu’entre le 15 mars et le 30 avril qu’ils atteignent leur seuil de rentabilité. Ce premier confinement a donc lourdement impacté nos clients professionnels, pour certains très dépendants de la saisonnalité et il a fallu rapidement proposer des solutions. Dans un premier temps, le temps que la machine se mette en place après les annonces du gouvernement, notre première réaction en agence a été de montrer notre disponibilité, notre écoute, et d’assurer nos clients de notre engagement total à mettre en place les procédures adaptées pour leur venir en aide au plus vite.

PH :  De mi-mars à début avril 2020, il nous a fallu un certain temps pour interpréter les textes, élaborer les processus, identifier les écueils, tout ça pour garantir un traitement optimal des dossiers de demandes de PGE.  205 dossiers de PGE ont été traités par l’agence Crédit du Nord Paris Haussmann, c’est colossal. Aujourd’hui, avec le recul, on peut vraiment se féliciter de ce travail de titan accompli au service des professionnels.

Vous évoquez un engagement à tous les niveaux ?

PH : Absolument, c’est un moment très particulier qui s’est mis en place au niveau bancaire. Tout le monde a relevé ses manches dans un esprit de solidarité incroyable. Les collaborateurs ont pu travailler de leur domicile de manière très fluide et très efficace, cela s’est mis en place très vite.

AB : Je souscris totalement à ce que dit Philippe. Nos agences sont restées ouvertes, la fréquentation en agence était significative, les clients étaient rassurés de nous voir, fidèles au poste. Et in fine, alors que nous ne sommes que deux collaborateurs à la Clusaz, nous sommes parvenus à monter 63 PGE pour un montant total de 5 millions d’euros, ce qui, à notre échelle, est considérable.

Alors justement, parlons de ces PGE. Comment ont-ils été utiles à vos clients ?

PH : La première mission d’un PGE, c’est de rassurer. Le PGE a été créé pour soutenir l’exploitation et c’est ainsi que ses bénéficiaires devaient l’utiliser. Dans la majeure partie des cas, les professionnels y ont eu recours pour tenir jusqu’aux subventions de l’Etat, qui sont arrivées un peu plus tard.

Quel bilan dressez-vous ?

PH: Ecoutez, ce que j’ai trouvé assez énorme, c’est ce collectif rencontré, une bienveillance de tous les instants et à tous les niveaux. Pour chaque dossier, nous nous sommes posé les bonnes questions, évitant au maximum les refus. Quand il s’est agi de mobiliser nos forces pour délivrer l’argent sur les comptes quand le client commençait à paniquer, nous nous sommes mobilisés, le collectif a été incroyable. En même temps, je ne suis pas tant étonné que ça ! Je sais qu’au Crédit du Nord nous sommes capables de vivre ça. Franchement, il y a eu des journées où cela a été très compliqué mais c’est un moment de ma carrière qu’il me sera impossible à oublier.

AB : Si je peux dire le mot de la fin, le bilan est celui d’une fierté partagée avec mon équipe, d’avoir répondu présents tout au long de la crise. Je peux vous assurer que les clients ont compris l’engagement qu’on avait vis-à-vis d’eux.

 

(1) https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/prets-garantis-les-banques-ont-distribue-130-milliards-deuros-aux-entreprises-en-2020-1276582

 

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