actualite 13/04/2021

L'épargne des Français en 2020 : des chiffres record

Sur les trois premiers trimestres de l’année 2020, la crise COVID a engendré une épargne supplémentaire d’environ 90 milliards d’euros(1) représentant 4 % du PIB. Le constat est édifiant : les Français n’ont jamais autant épargné en si peu de temps ! Comment les ménages ont-ils fléché leur épargne ? Quels enseignements en conclure ? De quelle manière cet argent peut-il être mieux réaffecté pour davantage prospérer ? Revue de détails.

Une épargne forte, signe d’une anxiété majeure

L’épargne est la partie non consommée du revenu. Elle dépend du pouvoir d’achat, du niveau de la consommation, du prix des actifs immobiliers et de leur rendement. Elle est également sujette à de fortes variations selon le niveau de confiance que les ménages accordent à l’économie, aux placements, à la société et aux institutions. En période de crise, la collecte importante traduit une crainte manifeste et un besoin, pour les ménages, de sécuriser à risque zéro une partie de leurs revenus.

Une épargne au fléchage refuge, liquide et sécure

Dopée par une inquiétude inédite, et alors que le confinement a considérablement réduit les possibilités de dépenses de consommation, c’est une épargne dite de précaution que les ménages français ont privilégiée : liquide et non risquée. Les livrets réglementés exonérés d’impôts et de prélèvements obligatoires que sont le Livret A et le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) ont logiquement fait des bonds affichant une collecte historique de 35 milliards d’euros(2) dont 8 milliards pour le seul LDDS. Flécher l’épargne vers des placements dénués de tout risque s’entend, a fortiori en période de crise. Profiter d’une baisse des dépenses de consommation pour maîtriser son budget est naturellement une bonne décision. Pour autant, passé le moment de sidération, on peut s’interroger sur l’opportunité de conserver une épargne sur des placements au rendement si faible (0,5 %(3) depuis février 2020) qu’une reprise de l’inflation pourrait altérer.

Et après ? Une épargne à mieux orienter

À cette épargne dite de précaution pourrait se substituer une épargne dite d’objectif, orientée en fonction de projets concrets à moyen et long terme. Des placements bien plus rémunérateurs, mais aussi plus risqués, peuvent accélérer la croissance du capital, permettre de préparer l’avenir de ses enfants ou d’optimiser une transmission. Près de 80 %(4) des parents ont ainsi mis en place une solution d’épargne pour leur enfant.

Pour certains, c’est à travers une entrée progressive et diversifiée sur les marchés financiers, qui, bien que fluctuants, offrent des possibilités d’investissement plus agiles et plus rentables.

Une tendance dont témoigne la progression de l’épargne financière qui affiche 25,4 milliards d’euros au premier trimestre de l’année 2020, et 36.2 milliards d’euros au deuxième trimestre - dont 28 milliards pour les actions non cotées(5), et dont il faut évidemment se féliciter. 

Une épargne à géographie variable

Au sein de l’Union Européenne, les états membres se répartissent selon deux catégories : l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, la France, les Pays Bas et la Suède enregistrent un taux d’épargne élevé, généralement supérieur à 12 % du revenu du ménage ; à l’inverse, l’Espagne, la Finlande, l’Irlande l’Italie, le Portugal et le Royaume Uni enregistrent un taux d’épargne traditionnellement plus faible. Malgré ces disparités, et dans un paysage accidenté par la crise, Eurostat(6) révèle que le taux d’épargne des ménages de la zone Euro a atteint un niveau historique de 16,9% au premier trimestre de 2020. En comparaison, ce taux était de 12,7% au quatrième trimestre de 2019.

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